Les cartes du docteur Rhine

> > Les cartes du docteur Rhine ; écrit le: 5 avril 2012 par telecharger

A l’Université Duke, à Durham, en Caroline du Nord, le Docteur J. Rhine passe pour un des maîtres de la parapsychologie. Il étudie cette science nouvelle depuis un quart de siècle et il désigne par « Psi » la faculté paranormale. Sur ce sujet il a publié un important ouvrage intitulé « New World of the Aiind », « Le nouvel Univers de l’Esprit ».

Le don de seconde vue est fort ancien, mais les hommes s’y intéressent plus spécialement depuis le début du dix-huitième siècle.

En 1882, des savants anglais fondèrent la « Société de Recherches Psychiques ». Le bulletin de ce groupe publie depuis les compte-rendus de phénomènes ayant pu être sérieusement contrôlés. En 1930, un laboratoire de parapsychologie fut créé à l’Université Duke par le Docteur Rhine. Celui-ci mit au point des tests précis de perception extra-sensorielle.

En américain la perception extra-sensorielle se dit : « Extrasensory Perception » ou ESP.

Les tests d’ESP se font avec un jeu de cartes sur lesquelles sont dessinés des symboles très simples. Le jeu contient cinq cartes de chaque symbole, cinq carrés, cinq croix, cinq étoiles, cinq cercles, cinq vagues.

La chance pour le sujet d’appeler une carte exacte est donc de une sur cinq. Pour les vingt-cinq cartes du jeu, les calculs donnent cinq réussites. Si les résultats dépassent ce chiffre, c’est que la perception extra-sensorielle entre en jeu.

Quatre types généraux de tests d’ESP se rapportent : les premiers à la clairvoyance, les seconds à la télépathie, les troisièmes à la perception extra-sensorielle en général

(ici la télépathie ou la clairvoyance ou bien les deux à la fois peuvent opérer), et les dernières à la précognition portant sur l’avenir.

La clairvoyance, c’est la perception extra-sensorielle

—hors de la normale — de choses matérielles ou d’événements objectifs dans le présent.

Dans la télépathie, le sujet a conscience d’événements se déroulant dans l’esprit d’autres personnes. Précisons que ce n’est pas, comme on le croit trop souvent, une « transmission de pensée », car les sujets en cause ne participent pas aux mêmes raisonnements C’est simplement une communication d’émotion, d’impression, entre deux esprits en dehors des voies sensorielles normales.

Avant de commencer le test, l’expérimentateur explique au sujet le but poursuivi et lui donne des exemples de clairvoyance ou de télépathie pris dans la vie courante : il arrive parfois qu’on sente à l’avance qu’une certaine lettre va arriver tel ou tel jour, il arrive aussi qu’une scène entrevue dans un rêve se produise plus tard dans la réalité, etc. . .

Si le sujet doute de son habileté à réussir ces tests, on peut faire appel à son instinct de joueur. Les enfants seront attirés par l’offre de petites récompenses pour les bons résultats. L’atmosphère de jeu est la plus favorable : le sujet accepte alors avec joie de voir de combien il peut « battre la chance ».

Il est recommandé de conduire les expériences dans une pièce tranquille où seuls sont présents l’expérimentateur et son sujet. L’idéal serait que le sujet s’y sente comme chez lui. Si d’autres personnes sont présentes elles veilleront à ne pas distraire le sujet.

On procède par séries de vingt-cinq cartes c’est-à- dire par jeux entiers. Un appel de vingt-cinq cartes constitue un « run » et il est désirable que les tests ne soient pas trop longs afin de maintenir l’enthousiasme et l’intérêt du sujet.

Deux tests de clairvoyance ont été imaginés.

L’un est dit BT, « broken technique » : l’expérimentateur prend les cartes une à une pour les faire appeler par le sujet. Dans le test dit DT le paquet de cartes n’est pas touché durant tout le « run ».

L’expérimentateur et le sujet se trouvent placés chacun, face à face, à l’extrémité d’une table au milieu de laquelle s’élève un écran de bois ou de carton suffisamment grand pour que le sujet ne puisse voir les cartes.

Avant l’expérience on prend la précaution de recouvrir les miroirs ou les surfaces polies qui dans la pièce pourraient réfléchir les cartes.

L’expérimentateur explique au sujet comment est constitué le jeu de vingt-cinq cartes.

Il devra, en effet, connaître parfaitement les symboles qu’il appellera.

L’expérimentateur bat le jeu de vingt-cinq cartes, le coupe plusieurs fois puis le pose à plat devant lui, les symboles en dessous.

Le sujet marquera ses « appels » dans la colonne

« call » d’une feuille de résultats placée devant lui et suivant un code établi à l’avance :

O  pour un cercle

+   pour une croix

L   pour   un carré

= pour les vagues

^   pour une étoile

Le test commence.

L’expérimentateur prend la première carte du paquet et la pose à côté sans la retourner. Le sujet fait son choix pour cette première carte entre les cinq symboles et note celui qu’il croit être le bon dans la colonne « call » de la feuille de résultats. Il dit alors : « Ready ».

L’expérimentateur enlève la seconde carte du paquet et la pose sur la précédente toujours sans la retourner. Le sujet note le second symbole qu’il croit juste et dit encore « Ready ».

L’opération continue ainsi jusqu’à épuisement des vingt-cinq cartes du paquet.

Pendant tout le « run », l’expérimentateur ne doit pas dire au sujet s’il y a un essai heureux ou malheureux et même ne doit regarder aucune carte.

Le « run » terminé, le sujet remet sa feuille de résultats à l’expérimentateur. Sur une autre feuille identique, mais dans la colonne « card » celui-ci note les cartes du paquet en n’oubliant pas que la carte du fond du paquet à la fin du run était la première carte appelée par le sujet.

Ceci fait, il vérifie les deux colonnes « call » et « card » et donne 1 point par réussite, c’est-à-dire lorsque le symbole appelé correspond au symbole de la carte. Il inscrit alors le « score » au bas de la double colonne.

Voici un tableau donné par Miss Betty M. Humphrey et qui permet d’estimer le degré de réussite obtenu par un sujet.

Le nombre de points offerts par la chance est de cinq par « run », c’est-à-dire par paquet de vingt-cinq cartes. Les résultats peuvent être moyens, bons ou excellents et indiquent dans ces deux derniers cas que le facteur ESP a fonctionné.

Dans le « BT Clairvoyance Test », on utilise le même écran en travers de la table. Le jeu de vingt-cinq cartes, battu et coupé plusieurs fois, est placé dans une boite, les symboles en dessous, pendant tout le test.

Le sujet, essaie, sur une feuille de résultats, d’identifier l’ordre des cartes dans le paquet. Celui-ci n’est pas touché tant que le sujet n’a pas marqué les vingt-cinq symboles du « run ».

Pour le compte des points, l’expérimentateur opère comme précédemment.

Il existe d’autres tests de clairvoyance mis au point au Parapsychology Laboratory de la Duke University de Durham aux U.S.A.

Le « Open Matching Test » — O M — utilise le même jeu de vingt-cinq cartes. L’examinateur place en dehors de la présence du sujet chacune de ces vingt-cinq cartes dans une enveloppe, le symbole en dessus. Le jeu battu et coupé plusieurs fois est alors remis au sujet qui a, étalées devant lui, la face visible, les cinq cartes clés : carré, croix, cercle, étoile, vagues.

On devine le principe ; le sujet prend les cartes sous enveloppe une à une et les dépose devant les cartes clés en ayant l’idée de faire coïncider les symboles. Ainsi, s’il pense tenir dans la main une carte « cercle », il la posera devant la carte clé montrant un « cercle ».

Lorsque le « run » de vingt-cinq cartes sera épuisé, il aura devant lui, cinq petits tas de cartes et il pourra y avoir dans un même tas plus de cinq cartes.

L’expérience terminée, l’examinateur retire, pour chaque tas, les cartes des enveloppes et les étale en colonnes, sur la table, la carte clé formant la tête de chaque colonne. Il est alors facile de compter les réussites après avoir enregistré les résultats sur une feuille spéciale dont une reproduction est donnée. Les symboles sont placés sur la feuille de résultats de la même façon que sur la table d’expérience.

Par exemple, si la carte-clé de la première colonne est « l’étoile », on comptera 1 point pour chaque symbole « étoile » trouvé dans cette colonne. On pratiquera de même pour les quatre autres colonnes et on y ajoutera entre eux les points, c’est-à-dire les réussites de toutes les colonnes.

Le « Blind Matching Test » — B M — est une variante de ce procédé. Ici les cinq cartes clés se trouvent chacune dans une enveloppe et sont étalées devant le sujet dans un ordre inconnu.

Le jeu remis au sujet est nu. Celui-ci constitue encore cinq piles devant les cartes clés en ayant l’intention de faire accorder les symboles. Le sujet place les cartes sans regarder le symbole qu’elles portent.

On note les résultats comme précédemment.

Autre technique dans le même genre, le « Screened Touch Matching Test — STM —

Un écran opaque est dressé au centre de la table entre l’examinateur et le sujet. Mais la partie inférieure de cet écran est évidée.

Les cinq cartes clés sont alignées exactement à l’aplomb de l’écran : les symboles sont dessus et peuvent être vus à la fois par l’examinateur et par le sujet.

L’examinateur tient un jeu de vingt-cinq cartes battu plusieurs fois et coupé. Il est assis en face du sujet, séparé de lui par l’écran. De son côté une planche inclinée empêche le sujet de voir les cartes du jeu.

L’examinateur prend les cartes une à une, le symbole en dessous. Le sujet les identifie ou tente de les identifier en touchant de la pointe d’un crayon la carte clé qu’il croit correspondre.

L’examinateur place ainsi chaque carte devant les cartes clés qui lui sont successivement désignées par le sujet. Quand le « run » est terminé, il y a cinq piles de cartes et pour dépouiller les résultats on opère comme dans les deux tests O M et B M.

Le degré de réussite du sujet peut être apprécié au moyen du Tableau d’Estimations des Réussites en « ESP Card Tests », donné par ailleurs.

Dans les tests de Perception Extrasensorielle Générale (ou GESP Test), on fait appel soit à la télépathie ou à la clairvoyance ou aux deux à la fois.

L’examinateur joue alors le rôle de « l’envoyeur » et le sujet celui de « receveur ». Ils sont placés chacun dans une pièce différente. Ces pièces peuvent ne pas être situées au même étage. Aussi doit-on installer auparavant un système synchronisé de liaison. On peut utiliser les chronomètres mais un système de liaison lumineuse est préférable.

Le sujet-receveur appuie sur un bouton. Une lampe s’allume dans la pièce ou se trouve 1’examinateur- envoyeur. Ce dernier a devant lui le jeu habituel de vingt-cinq cartes bien battu et coupé ainsi qu’une feuille d’inscription de résultats. Il prend la première carte du jeu retourné et regarde le symbole tant que la lampe reste éclairée. Quand la lampe s’éteint, il note le symbole qu’il a regardé dans la colonne « card ».

Le receveur, lui, pendant qu’il maintenait son doigt appuyé sur le bouton commandant la lampe, a cherché quel pouvait être le symbole regardé par l’examinateur. Son choix fait, il a cessé d’appuyer sur le bouton et a noté le symbole dans la colonne « call ».

Il appuie à nouveau sur le bouton. La lampe s’éclaire devant l’examinateur qui, à ce signal, prend la seconde carte du jeu pour en regarder le symbole. Isolé dans sa pièce, le « receveur » cherche à deviner ce second symbole et le note sur la feuille de résultats.

Il est procédé ainsi jusqu’à l’épuisement des vingt- cinq cartes du jeu.

L’examinateur se rend dans la pièce où se trouve le « receveur » et compare les deux feuilles de résultats, c’est-à-dire la colonne « card » qu’il a rempli lui-même avec la colonne « call » remplie par le sujet.

Chaque correspondance de symboles donne 1 point au sujet et le degré de réussite du sujet est toujours apprécié d’après le tableau des estimations.

Il existe aussi des tests de pure télépathie « Pure Telepathy Test » (P.T.)

L’organisation est la même que pour les GESP Tests précédents, mais l’examinateur- « envoyeur » prend des cartes numérotées de 1 à 5, le jeu étant battu et coupé. A chaque numéro correspond un des cinq symboles que nous connaissons :

1 signifie, par exemple, « l’étoile » ;

2 le « carré », etc…

Le but de ces cartes numérotées est d’éviter que l’examinateur ne pense inconsciemment toujours à ses symboles préférés, ce qui fausserait les résultats.

L’évaluation des résultats

Il était déjà possible d’apprécier grossièrement le degré de réussite du sujet d’après le tableau des estimations dressé par Miss Betty M. Humphrey, mais une évaluation plus précise peut également être faite.

La part de la chance en présence de cinq symboles est de 1 sur 5. Le sujet avec un « run » de 25 appels est donc en droit d’espérer les 5 points que lui donnent les calculs de probabilité.

Pour un nombre n de « runs » la part de la chance sera donc de 5 ». Exemple : pour 20 runs, elle offre 5 points X 20 — 100 points au sujet.

Si, au cours de ces 20 runs, le sujet obtient 123 points, il aura battu la chance de 123 points — 100 points = 23 points 1 La « déviation » de la chance en faveur de la clairvoyance est de 23 points. Pour mesurer ces déviations, les statisticiens ont décidé d’employer une unité de mesure, le « standard déviation » qui dépend du nombre de « runs » faits.

Ce « standard déviation » (S D) est facile à trouver puisqu’il est égal au double de la racine carrée du nombre de « runs ».

Ainsi pour 20 runs, la racine carrée de 20 étant 4,472, on a S D : 4,472 X 2 = 8,944 Il reste alors à diviser la déviation créditée au sujet par le S D. Le résultat obtenu est appelé « critical ratio ».

Dans l’exemple proposé où la « déviation » est de + 23 pour 20 « runs », on obtient le « critical ratio » (C R) suivant :

C R = 23 : 4,472 == 2,57 Le C R serait exactement le même si S D valait — 23 au lieu de +23.

A chaque « critical ratio » est associée une estimation mathématique donnée par les calculs de probabilité et se rapportant à la fréquence attendue d’un événement donné lorsque seule la chance opère.

Par exemple, pour un C R de 2,50, la probabilité qui y est associée est de « 006. Cela signifie qu’une déviation positive de -f- 23 (donnant un C R de 2,57 voisin donc de 2,50 figurant sur la table) en 20 « runs » peut être obtenue seulement 6 fois sur 1000 séries par la chance seule.

D’une façon générale, scientifiquement parlant, une probabilité de * 01 est dite « significative » sur le tableau précédent nous voyons qu’une telle probabilité de 1 pour 100 est associée à un C R de 2,33.

Donc, pour les C R supérieurs à 2,33 nous pouvons dire que le test met en évidence un phénomène ESP.

Encouragé par les résultats obtenus, le docteur Rhine se demanda si cette clairvoyance pouvait s’exercer à distance.

I! plaça ses sujets, non plus dans son bureau derrière un paravent, mais dans une pièce voisine. Les résultats furent tout aussi probants.

Des expériences analogues furent ensuite tentées avec des sujets placés en d’autres maisons de la ville ; quelques-unes étaient à plusieurs centaines de mètres de l’expérimentateur.

Avec des sujets situés en différentes villes, les résultats furent aussi bons et même souvent meilleurs.

A 450 kilomètres de distance, la moyenne de 10 réponses justes pour 25 cartes fut atteinte par certains sujets.

Les phénomènes parapsychologiques existent donc. Il n’est plus possible de les nier. Quant à les expliquer, il n’en est pas encore question.

Dans une étude parue dans l’hebdomadaire américain Life, Aldous Huxley, le petit-fils de Thomas Huxley qui fut l’un des champions de la théorie du transformisme, déclara :

— Faut-il penser avec le philosophe William James que l’homme baigne dans un « continu de conscience cosmique » et qu’une parcelle de l’esprit universel pénètre dans le cerveau de chaque individu, ou dire avec Bergson que l’esprit en soi a conscience de tout, partout, et cela indépendamment des données de temps et d’espace ? Mais la fonction du cerveau est de bannir la plus grande partie de cette connaissance, qui n’est pas utile à l’homme, dans l’intérêt de l’efficacité du mécanisme biologique. Partant de cette hypothèse, la perception extrasensorielle serait le résultat de l’infiltration dans la conscience individuelle de certaines données mentales normales repoussées par le cerveau. Les constatations amassées

jusqu’à présent tendent à prouver que certains êtres peuvent avoir conscience d’événements qui se déroulent dans l’esprit d’autres personnes ou bien loin d’eux ou d’événements mentaux ou physiques qui ne se sont pas encore produits. La tâche la plus urgente qui s’offre aux savants est donc de découvrir le moyen d’introduire cette perception extra-sensorielle dans la conscience directe et de contrôler son action. On sait déjà en parapsychologie que l’ennui et la monotonie sont des facteurs d’échec.

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