Le sixième sens dans le temps

> > Le sixième sens dans le temps ; écrit le: 5 avril 2012 par telecharger

Au cours des divers congrès de parapsychologie, de nombreux phénomènes de voyance, sérieusement contrôlés, ont été cités.

Les plus étranges et typiques seront seuls retenus ici.

Depuis des années, le cas de Pasqualina Pezzola intrigue les Italiens. C’est une robuste et replète mère de famille (elle a trois enfants) qui vit à la campagne dans les environs d’Ancône.

Elle passe pour être une femme courageuse, tranquille et de bon sens. Son don de clairvoyance a été maintes fois contrôlé par les neurologues et psychiâtres italiens et étrangers.

—La première fois, dit-elle, que la chose m’arriva, ce fut en 1939. C’était le soir et mon mari était en retard. J’étais inquiète. Je me laissais tomber sur une chaise enfouissant ma tête dans mes mains. C’est alors que je l’ai vu nettement. Il quittait son travail et se dirigeait vers la maison, Quelques instants après, j’allais lui ouvrir.

Quand Pasqualina Pezzola « voit au loin », elle est en état de somnambulisme. Un docteur de Bologne lui donna récemment le nom et l’adresse d’un de ses clients, le tout écrit simplement sur une feuille de bloc-notes.

Elle prit la feuille et alla s’asseoir dans le coin le plus obscur de la pièce en fixant le nom et en le répétant doucement plusieurs fois. Puis elle ferma les yeux et sa tête se mit à osciller légèrement.

Au bout de quelques minutes, elle étira les jambes et se leva péniblement, fit quelques pas dans la pièce, tout à fait dans l’attitude d’une somnambule, puis retourna s’asseoir.

Elle fit le geste de tenir un volant et brusquement elle porta les mains à la tête, tandis qu’une expression de terreur se lisait sur son visage.

L’adresse que lui avait donnée le docteur de Bologne était celle d’un chauffeur de taxi, qui, à la suite d’un accident, avait été gravement blessé à la tête.

On a beaucoup parlé aussi du cas de l’Allemand Ludwig Kahn qui prétendait lire la pensée et fut même à cause de cela condamné, avant la guerre, pour escroquerie.

Pour prouver sa bonne foi, Ludwig Kahn demanda au Professeur Schottelius de l’éprouver. Ce dernier réfléchit un moment, puis dit à Kahn :

—Restez dans ce vestibule. . . Je reviens vous chercher dans un instant. . .

Le professeur pénétra dans son bureau, détacha trois feuilles de son bloc et sur chaque feuille écrivit une phrase différente. Il plia ensuite les feuilles en quatre et les laissa sur le bureau.

Il fit alors entrer Ludwig Kahn.

—Vous dites pouvoir lire dans la pensée des gens comme dans un livre ?

—Mais oui, professeur, avec une grande facilité. Pour me tester, vous venez d’écrire trois phrases différentes sur trois feuilles de papier.

Le professeur Schottelius, d’abord interloqué, se ressaisit :

—Ce n’est pas difficile à deviner… Vous voyez les trois feuilles pliées sur mon bureau.

Schottelius prit la feuille la plus rapprochée de lui.

—Eh bien, Monsieur Kahn, vous pourriez donc me dire ce qui est écrit sur chacune de ces trois feuilles.

—Oui, professeur.

—Voyons ! Commençons par celle-ci.

Kahn parut hésiter, se concentra un moment, puis dit la phrase exacte.

—C’est parfait ! lança Schottelius en prenant la seconde feuille qu’il plia, cette fois en huit.

—Allez-y, Monsieur Kahn !

Pour la seconde fois, Ludwig Kahn devina.

De même, Ludwig Kahn réussit brillamment la troisième épreuve.

Quelques années plus tard, vers 1930, cet homme étonnant vint à Paris. On voulut encore le mettre à l’épreuve.

Le test était particulièrement difficile. Sur une feuille de papier, le docteur Moutier fit un dessin compliqué et écrivit dessous une phrase de six mots en quatre langues différentes. La feuille fut ensuite placée dans une enveloppe et Kahn introduit dans la salle d’examen.

Il prit l’enveloppe dans la main comme pour la soupeser, fit glisser un moment ses doigts sur le papier. Puis il leva la tête, et sans erreur aucune prononça la phrase écrite un moment plus tôt.

Kahn arrivait aussi à deviner des formules de mathématiques compliquées dont il ignorait complètement la signification. Dans toutes ces expériences aucune tricherie n’était possible, il y eut vraiment, là, un phénomène paranormal.

A Paris, Ludwig Kahn fut contrôlé à diverses reprises par des médecins ou des professeurs. Un de ses exploits resté célèbre eut lieu le 3 mars 1925, chez le professeur Richet, en présence du docteur Osty, du docteur Lassablière, de Monsieur Ripert et de Madame Le Ber.

Ludwig Kahn devina, sans aucune erreur, diverses phrases écrites par des personnes différentes de l’assistance sur des morceaux de papier. Il demanda chaque fois, simplement, à toucher les papiers, mais d’une façon très rapide et seulement du bout du doigt. A peine avait- il touché le papier, qu’il révélait la phrase écrite sur ce dernier. Mieux encore : il montrait sans hésitation la personne ayant écrit cette phrase.

Naturellement toutes les phrases avaient été écrites dans le cabinet de travail du professeur Richet en l’absence de Ludwig Kahn.

Le professeur Richet essaya de le tromper : sur un papier il n’écrivit pas une phrase, mais fit un dessin, la silhouette d’une petite cabane avec son toit pointu. Kahn toucha le papier du bout de l’index et sourit.

—Donnez-moi un crayon et je vais reproduire le dessin qui est sur ce papier.

Kahn prit le crayon qu’on lui tendait et fit un dessin sur un bout de papier. Le professeur compara les deux dessins, ils étaient identiques.

Le cas du polonais Stephan Ossowiecki est aussi connu. Il fit beaucoup parler de lui autour des années 1925.

Ossowiecki lisait, sous contrôle, des textes placés dans une enveloppe cachetée. Au mois d’août 1923, le Docteur Dingwall lui présenta un document de ce genre. Pour corser la difficulté, Dingwall avait placé le document dans une première enveloppe rouge, celle-ci dans une seconde noire et le tout dans l’enveloppe visible.

Ossowiecki précisa immédiatement qu’il y avait trois enveloppes. Il en indiqua les couleurs. Il fit ensuite le dessin tracé sur le papier blanc plié en deux dans l’enveloppe rouge, une bouteille.

Ossowiecki donna encore la date marquée sous le dessin, mais ne put trouver la phrase écrite au verso.

Le contrôle de cette expérience eut lieu dans la grande salle de l’Université, lors du Congrès Métapsychique de Varsovie de 1923.

Il en est tout autrement lorsque, dans les baraques foraines ou sur les planches d’un music-hall, on admire un prétendu voyant lisant des textes placés dans des enveloppes cachetées. Ici, la fraude est totale. Il suffit en effet d’imbiber l’enveloppe avec de l’alcool à 95 degrés ; elle devient transparente temporairement — juste le temps de lire au travers. L’alcool est passé à l’aide d’une petite éponge discrètement réfugiée dans la main. Le client retrouve donc son enveloppe intacte et se laisse convaincre.

Il existe d’ailleurs bien d’autres truquages pour ce genre d’exercice lorsqu’aucun contrôle n’est envisagé.

Un des livres de bord les plus célèbres est peut-être celui de l’Aventureuse, navire qui faisait le trafic des

esclaves entre le Gabon et Saint Domingue.

Un jour, alors qu’un certain Gaston Toussaint était de quart, celui-ci vit sur le fond sombre de la nuit, une scène épouvantable : son frère en train de mourir.

C’était le 12 décembre, à onze heures du soir. Vincent Toussaint était au Havre, à 5.000 kilomètres de là.

Gaston Toussaint, bouleversé, ne put s’empêcher de porter sa vision sur le livre de bord :

« Aujourd’hui 12 décembre à 11 heures de la nuit, j’ai vu mourir mon frère Vincent ».

Il ne toucha Le Havre que dix-huit mois plus tard. Sa mère, venue sur le quai pour l’accueillir, s’efforça de rire en voyant son fils, mais s’effondra bientôt dans ses bras. Vincent était bien mort, le jour dit, à l’heure de la vision.

Au cours de la dernière guerre, en Angleterre comme en France, se sont déroulées des scènes comparables à celle qui m’a été contée et qui a pour héroïne Madame Andrews.

Un matin de septembre 1945, Madame Andrews s’éveilla en sanglotant et s’écria :

—C’est trop terrible, Peters est mort. .. Une balle l’a frappé à la tête.

Elle ouvrit les volets de sa chambre. La lumière entra dans la pièce avec le bruit de la rue. Madame Andrews se pencha au dehors en murmurant :

—Jamais plus je ne guetterai sa venue comme autrefois.

Depuis un mois, elle n’avait plus de nouvelles de son fils Peters qui se battait en Hollande.

Elle fit part de ses inquiétudes à sa femme de ménage. Un moment plus tard, un télégramme lui annonçait le décès de Peters Andrews. Il avait eu lieu quelques jours plus tôt.

Madame Andrews apprit ensuite qu’il avait été tué d’une balle dans la tête.

Des cas étonnants de clairvoyance ou de télépathie sont fréquents chez les peuplades primitives.

A son retour d’Australie, l’explorateur français Jacques Villeminot raconta le fait suivant :

—Je séjournais auprès des Pitjantjara, une peuplade primitive de l’Australie Centrale, à l’approche de Noël. Dans le camp des hommes bruns les femmes se mirent à pousser des cris et à se frapper le corps avec des pierres et des bâtons. Au contraire, les hommes restaient immobiles et graves. Je demandais la raison de cette scène. A ma grande surprise, on m’apprit qu’en ce moment même, des hommes de la même tribu se battaient furieusement dans le « bush » à Ernabeila. Or Ernabella se trouvait à 300 km du camp. Je n’y crus point, mais j’appris, quelques jours plus tard, que la bataille avait bien eu lieu à l’heure où le récit m’en avait été fait.

Selon Jacques Villeminot le silence du désert crée une ambiance favorable pour recevoir de tels messages.

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