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L’E.S.P. et le passé

Vous êtes ici : » » L’E.S.P. et le passé ; écrit le: 5 avril 2012 par telecharger

L’E.S.P. et le passéAinsi des êtres humains possèdent en fait ou en puissance une faculté paranormale — au-delà de la normale — la perception ultra-sensorielle (au-delà des sens classiques) : l’E.S.P.

Ce sixième sens peut-il fouiller le passé ? Me refusant à prendre parti, je rapporterai seulement ici, brièvement une histoire étrange que mon sympathique confrère Marcel Berger a déjà contée.



Une égyptologue, Mademoiselle de S.P., voulut éprouver les possibilités d’une « voyante ». Elle se rendit donc chez elle, mettant dans son sac un bout d’étoffe venant d’un tombeau égyptien.

La voyante la reçut avec le cérémonial d’usage et la fit asseoir.

—Mademoiselle, que désirez-vous savoir ?

Mademoiselle de S.P. sortit de son sac le morceau d’étoffe fanée, vieux de 2.000 ans. Elle le tendit à la voyante :

—J’aimerais être renseignée sur la personne qui a porté ce tissu.

La voyante prit l’étoffe dans ses mains, la tourna, la retourna, la respira de très près pour mieux en apprécier l’odeur. Elle l’étala enfin devant elle sur le guéridon en plaçant la main droite à plat sur l’étoffe, puis elle déclara sans la moindre hésitation :

—Voila un tissu qui ne date pas d’aujourd’hui et qui aurait beaucoup de choses à raconter !… Il ne vient pas de France, mais d’un pays éloigné, baigné par la Méditerranée. Je peux même vous assurer qu’il a enveloppé une momie.

—C’est exact, fit Mademoiselle de S.P.

Jusqu’ici rien d’extraordinaire dans cette réponse.

Pour qui a quelques notions d’histoire ancienne, un fragment de bandelette est aisément reconnaissable.

—Pourriez-vous me dire de quelle dynastie ?

— Oui. . . Ce tissu ne date pas de plus de 2.000 ans. Il a été porté au temps du Christ par une reine très belle morte à l’âge de quarante ans environ.

—Il est impossible de savoir de quoi elle est morte ?

—Pas du tout. C’était un mal étrange que nous ignorons en France et qui lui paralysa d’abord les pieds, puis les jambes.

—Peut-être la poliomyélite ?

—Je ne sais pas. . . Le microbe vit dans les eaux du Nil. La reine est tombée malade en revenant de se baigner. Elle finit par être paralysée et passa de longs mois sur une chaise.

Mademoiselle de S.P. bien qu’impressionnée par ces déclarations pensa qu’il s’agissait d’une invention de sa « voyante ».

Quelques jours plus tard, Marcel Berger lui confirma pourtant le diagnostic ou tout au moins les symptômes dénoncés par la voyante.

—Le papyrus que je viens de déchiffrer, dit-il, assure que la reine a succombée à une maladie contractée dans les eaux du Nil. Les pieds commencent par s’atrophier, les jambes sont ensuite touchées.

Si tout cela est exact, le fait est évidemment extraordinaire. Les parapsychologues ne s’étonnent pas de cette séance. Pour eux, la voyante n’a rien deviné grâce au morceau d’étoffe. Elle a simplement lu dans la pensée de Mademoiselle de S.P. ; celle-ci savait en effet que le morceau d’étoffe avait appartenu à une reine morte à quarante ans, au temps de Jésus-Christ, en Egypte.

La chose est admissible. Mais Mademoiselle de S.P. ignorait de quoi était morte cette reine. Elle ne devait l’apprendre que quelques jours plus tard. La « voyante » aurait-elle donc pu deviner ce que Mademoiselle de S.P. ne savait pas encore ?

Après le passé, l’avenir

Il est possible, selon la parapsychologie, de parvenir à une certaine connaissance de l’avenir.

Le mathématicien J. S. Soal se livrait au jeu de cartes du docteur Rhine, jeu que nous connaissons déjà. Son sujet était l’étudiant Basil Chakelton.

Basil Chakelton, ce jour-là n’avait pas de chance, il ne devinait jamais aucune des cartes retournées par le professeur Soal. On aurait dit qu’il le faisait exprès.

Mais chose curieuse, la carte nommée par l’étudiant était celle retournée le coup d’après. Cela le professeur Soal ne le remarqua pas tout de suite, mais seulement un peu plus tard en comparant les listes de sortie des cartes et les listes divinatoires du sujet si peu brillant.

Certains voient quelquefois en rêve des événements futurs. Un professeur de lettres m’a fait dernièrement la confidence suivante :

—J’ai été inspecté mardi dernier. ..

—Cela a bien marché ? Pas trop sévère votre inspecteur général ?

—Non. Cela s’est bien passé. Figurez-vous que la nuit précédente j’avais justement rêvé d’une inspection. Et dans la réalité, j’ai tenu compte des petites remarques que l’inspecteur m’avait faite dans le rêve !

On assure que l’appareil utilisant le Radar pour le tir contre-avions fut inventé en rêve par un ingénieur de la Compagnie des Téléphones Bell.

Ne vit-on pas récemment un fidèle client de la Loterie Nationale rechercher un billet portant un numéro entrevu dans un rêve ? Il finit par trouver ce numéro et il gagna un dixième du gros lot.

Citons un dernier rêve prémonitoire, celui du professeur Baruk.

Il venait d’être nommé médecin-chef de Saint-Mauri- ce. Une nuit, il rêva qu’il traversait une rivière sur un pont ; le pont s’écroulait et il allait se noyer lorsqu’un de ses amis — chirurgien — le saisit par la main et le sauva.

Le lendemain, au cours de la visite, le docteur fut blessé à la tête par une pierre qu’un pensionnaire lui avait lancée. Le traumatisme crânien était important, mais le chirurgien ami — qui s’était déjà manifesté dans le rêve — se trouvait présent. Il opéra aussitôt le médecin-chef et le sauva.

En état de sommeil, la conscience a-t-elle donc des pouvoirs de divination ?

Des tests de précognition

Au laboratoire de parapsychologie de la Duke University, le professeur Rhine et ses amis ont mis au point divers tests de précognition, c’est-à-dire de prévision d’un événement futur.

Les tests sont relativement faciles ; ils n’exigent ni les écrans, ni certaines des précautions nécessaires pour les tests de clairvoyance ou de télépathie.

Le sujet doit écrire l’ordre dans lesquels se trouveront les cartes du jeu de ving-cinq cartes, lorsque ce jeu sera battu.

Avant les tests, l’examinateur fixe le nombre de fois où les cartes seront battues au cours des expériences de précognition, six par exemple.

Avant chaque « run », il faut six fois couper les cartes battues, mais non de façon indifférente.

En effet, il lance six dés et fait le total des points inscrits sur les faces supérieures. Le jeu n’ayant que vingt-cinq cartes, si le nombre donné par les dés dépasse

25, on retranche 25 de ce nombre.

Si les dés donnent 17, on coupe le jeu après la 17me carte.

Si les dés donnent 32, on enlève 25 à ce nombre 32 — 25 = 7. On coupe le jeu après la 7me carte.

Les cartes sont battues et coupées par l’examinateur et la règle rigide de la coupe est suivie, sinon ce dernier pourrait inconsciemment faire preuve de clairvoyance pour couper le jeu à une place favorable.

Il existe également des tests de précognition où le battage du jeu se fait au bout d’un certain nombre de jours, de semaines ou même de mois, délai fixé bien entendu avant le début des expériences.

Pour un délai de 10 jours par exemple, les choses se passent ainsi :

Le jour j, le sujet fait ses prévisions en notant les symboles dans l’ordre où il pense qu’ils se trouveront après le battage du jeu 10 jours plus tard : il les marque dans la colonne « call » de la feuille de résultats.

Au jour j+ 10, le jeu est battu et coupé par l’examinateur. Celui-ci note les symboles dans l’ordre où ils se trouvent, dans la colonne « card » d’une autre feuille de résultat.

Il suffit de comparer les 2 colonnes pour enregistrer les réussites.

Ces tests de précognition ont montré que certaines réussites ne pouvaient être dues à la chance seule.

Faut-il donc penser que, même à l’état de veille, l’homme peut — quelquefois — deviner l’avenir ?

Il est évidemment des cas fort étranges.

Nous citerons seulement le plus connu, celui de deux étudiants en médecine de Lyon, nommés Gallet et Varay.

Le matin du 27 Juin 1894, les deux jeunes gens préparaient ensemble leur examen. Ils étaient dans leur chambre assis en face l’un de l’autre, des deux côtés d’une table.

Ce matin-là, les membres du Congrès se préparaient à élire un nouveau Président de la République.

—Aujourd’hui j’aurais bien voulu être à Versailles, dit Varay. Mais je ne regrette rien, car ici nous avons un peu de fraîcheur et là-bas il va faire une chaleur étouffante. Quels sont les derniers pronostics ?

— Casimir Perrier ! lança Gallet.

Tout en répondant à son ami, Gallet écrivit le nom du futur Président de la République Française et dessous ajouta « 451 voix ».

A midi, ils se rendirent au restaurant et ne parlèrent pas de l’élection présidentielle. Après le déjeuner, ils rencontrèrent dans la rue deux autres étudiants.

—Quoi de nouveau ?

— Casimir Perrier est passé. ..

— Par combien de voix ? interrogea Varay.

— 451.

Varay ouvrit de grands yeux. Il se retourna vers son ami Gallet.

— 451 ! Tu entends ! C’est le chiffre que tu as marqué ce matin sur ton carnet.

Précognition diront les uns. Simple hasard répliqueront les autres. . .

Il faut distinguer la voyance et la prémonition.

Pour les spirites, la voyance est la faculté qu’ont certaines personnes baptisées « médiums », d’avoir des visions, de voir des événements passés ou futurs ou des scènes de la vie présente se déroulant au loin. Pour eux, il s’agit d’une faculté permanente.

La prémonition, elle, est un avertissement mystérieux concernant l’avenir, une sensation particulière annonçant un événement tout proche. On se trouve alors, au contraire, en présence d’un phénomène très rare et même si exceptionnel qu’on peut se demander s’il n’est pas dû au hasard seulement.

Le 27 Juin 1894, l’étudiant lyonnais Maurice Gallet sentait dès 10 heures du matin que le président Perrier serait élu dans l’après-midi avec 451 voix. Mais jamais plus dans sa vie, il n’a rien deviné à l’avance.

On nous assure que, le 25 mai 1932, la femme du colonel Bataillard s’arrêta de jouer aux cartes pour annoncer à ses partenaires que le président Doumer allait mourir après avoir reçu deux balles de revolver, ce qui eut lieu effectivement le lendemain. Par la suite, Madame Bataillard, comme Monsieur Maurice Gallet, n’a plus jamais deviné.

Dans la nuit du 16 au 17 mai 1938, une certaine Marie Lagrave voyait en rêve une carte de France découpée transversalement par un ciseau. Cette ligne, elle la retrouva plus tard dans la réalité : elle partageait la France en deux zones. Jamais plus Marie Lagrave ne fit d’autres rêves prémonitoires.

La véritable prémonition reste donc un phénomène tout à fait exceptionnel.

La géomancie

Hasard ou télépathie ? Il y a peu de temps est arrivé, au tirage de la Loterie Nationale, une affaire extraordinaire. L’événement eut lieu au mois de mai 1955.

Un ami de Bruno Coquatrix, le directeur de l’Olympia, lui signala l’existence d’un homme capable de dire le numéro du billet gagnant le gros lot à la Loterie Nationale au prochain tirage. D’abord sceptique, Bruno

Coquatrix accepta finalement de tenter l’expérience. Il convoqua ce phénomène, nommé Sanas.

— Vous devinez à l’avance le numéro du gros lot ?

— Oui Monsieur. . . Vous vous demandez sans doute pourquoi je ne cours pas acheter le billet ? Tout simplement parce qu’avec moi, ça ne marche pas.

D’ailleurs le numéro gagnant est sans doute déjà vendu à quelqu’un. Le destin seul sait où il va frapper et je peux uniquement prévoir ce qui est écrit dans le destin.

— Bien. Voulez-vous paraitre sur scène le soir même du tirage et, une heure avant celui-ci, donner aux spectateurs le précieux renseignement ?

—- D’accord.

Le 20 mai 1955, M. Sanas se présenta chez Maître Lefèvre, huissier à Paris.

— Je viens déposer chez vous ce petit coffret. A l’intérieur, dans un tube de verre scellé aux deux extrémités, se trouve le numéro du billet gagnant au prochain tirage de la Loterie Nationale. Dans cinq jours, le 25 mai, voudrez-vous avoir l’obligeance de venir sur la scène de l’Olympia et d’ouvrir ce coffret devant les mille huit cents spectateurs de ce music-hall ?

Le 25 mai arriva. Quatre-vingt-dix minutes avant le tirage, Maître Lefèvre se trouva sur la scène en face des spectateurs incrédules. Devant le micro, en habit, il annonça :

— Chers spectateurs ! Je vais ouvrir le coffret. Dans le tube de verre placé à l’intérieur, se trouve un papier et sur ce papier le numéro qui rapportera dans une heure et demie, vingt-cinq millions au propriétaire du billet. .

— C’est le numéro 31874.

Certains sourirent, tous regardèrent leurs billets. Le futur gagnant n’était pas dans la salle.

Ce même soir les sphères de la Loterie Nationale laissèrent tomber le numéro 31874.

Hasard ou télépathie ?

M. Sanas ne prétend pas être télépathe. Il est adepte de la géomancie, c’est-à-dire de la divination qui s’opère en jetant de la terre, de la poussière ou des petits cailloux sur une table et en étudiant ensuite les figures ainsi formées !

Le Révérend Père Reginald Ornez, au cours du colloque de Royaumont, a donné la position de l’Eglise Catholique à légard des prédictions :

—Un avenir peut être connu à travers ses causes, d’autant mieux qu’une intelligence est plus poussée. Des hommes doués au point de vue subconscience peuvent très bien arriver à percevoir et à deviner des événements futurs, dans des causes encore difficiles à analyser. L’Eglise admet donc que dans les profondeurs du subconscient nous pouvons parfois prévoir certains événements. Mais le fait de craindre ou de souhaiter un événement peut largement contribuer à sa réalisation et ainsi donner faussement l’impression d’une prévision qui, en réalité, aura été tout simplement la cause éloignée mais efficace de l’événement. Lorsqu’il s’agit d’un événement dû entièrement au hasard, l’Eglise estime qu’aucun être humain ne peut prévoir cet événement futur.

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