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Le féticheur contre le sorcier

Vous êtes ici : » » Le féticheur contre le sorcier ; écrit le: 5 avril 2012 par telecharger

Le féticheur contre le sorcierLa profession de sorcier est héréditaire, mais il est possible également de devenir sorcier avec la complicité d’un maître déjà établi, en absorbant un philtre convenable et en payant d’un bœuf ce si précieux service.

De plus, certains êtres humains sont sorciers sans le savoir. N’importe qui, en Afrique, peut, de ce fait, être accusé de sorcellerie.



Tout le monde redoute le sorcier, mais nombreux sont ceux qui font appel à ses services. Grâce à lui, on peut se débarrasser de son ennemi ou, à défaut, lui envoyer la maladie ou la foudre.

Si la case prend feu, si le bétail meurt, si la récolte est mauvaise, si la maladie ne passe pas malgré les soins du guérisseur, un sorcier est responsable. Le noir ira trouver le féticheur dont le rôle est de découvrir qui a jeté le mauvais sort et de désigner le sorcier.

Le féticheur écoute les plaignants, décide si un mauvais sort a vraiment été jeté et recherche le ou les coupables parmi les ennemis de la ou des victimes, après s’être fait payer.

Parfois le féticheur fait subir de simples épreuves à tous les habitants du village pour deviner dans lequel d’entre eux se cache le sorcier.

Il les invite, par exemple, à enjamber un obstacle : lance, peau de serpent ou de lion, tronc d’arbre, etc. Celui qui hésite ou qui ne peut franchir l’obstacle est déclaré sorcier. Hier, il risquait sa vie. Aujourd’hui, on le chasse du village.

Résignée, la victime accepte généralement son sort ; quelquefois elle réclame une contre-épreuve. C’est alors l’épreuve de l’eau bouillante ou du poison.

Le prétendu sorcier est invité à plonger sa main dans un chaudron d’eau bouillante. S’il s’en tire sans mal, son innocence est reconnue.

Il est plus difficile d’échapper à l’épreuve du poison. L’homme doit absorber un sirop à base de poisons végétaux tirés notamment de l’euphorbe, de la fève de Calabar ou d’autres plantes de la famille des strychnos. Certains de ces poisons, en paralysant les muscles du cœur, tuent sans délai. D’autres tuent à petit feu.

On prouve son innocence en vomissant le poison.

Le plus souvent l’opération est truquée. Celui qui est accusé de sorcellerie « achète » au préalable le féticheur par quelques cadeaux. Cela lui permet, au moment de l’épreuve, d’avaler une drogue inoffensive ou, à la suite du vrai poison, un contre-poison qui le sauvera.

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