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Fakirs

Vous êtes ici : » » Fakirs ; écrit le: 5 avril 2012 par telecharger

Fakirs
Sur les scènes de music-halls ou dans les foires, des hommes accomplissent des « tours » étonnants. Quelques- uns d’entre eux se font passer pour « fakirs ». L’avaleur de sabre met l’ouverture de sa bouche dans l’axe de son œsophage, li peut alors insérer la lame d’un sabre jusqu’à l’estomac et la retirer. D’autres préfèrent utiliser des épées truquées qui se replient à la façon d’un pied d’appareil photographique.
Le verre pilé ou les graviers peuvent s’avaler sans dommage. Pour les clous et les pointes, il est prudent d’ingurgiter au préalable de la purée de pomme de terre ou de la mie de pain ; quant aux lames de rasoir, elles sont simplement escamotées au bon moment.
Un « fakir », allongé sur une planche à clou, ne ressent rien, car la pression de son corps est répartie sur les nombreuses pointes dont les extrémités sont très souvent émoussées quand elles ne sont pas arrondies. Marcher pieds nus sur des charbons ardents n’a rien de supranormal. Il suffit au préalable de s’enduire les pieds de gomme arabique ou de blanc d’œuf.
Chacun peut danser sur des tessons de bouteille . . . si, au préalable et afin d’être émoussés, ils ont été trempés dans de l’acide.
Certains « fakirs » s’étendent sur des lames aiguisées ou grimpent pieds nus à une échelle dont les barreaux sont constitués par des lames de sabre, mais tous les illusionnistes savent qu’en posant franchement la peau sur une lame bien droite, on risque fort peu.
Et les « enterrés vivants » ? N’importe qui, avec un peu d’entraînement, peut rester quatre-vingt-dix minutes enfermé dans un cercueil, fut-il de verre.
La grève de la faim ? L’organisme peut jeûner deux mois sans trop d’inconvénients, à condition de boire suffisamment. Et tous les « fakirs », spécialistes du jeûne, boivent beaucoup. Les transpercements de chair ne se font pas au hasard, mais aux endroits réputés peu sensibles. Sans douleur, vous pouvez vous enfoncer une aiguille dans la joue ou dans le creux du coude.
Pourtant, que dire de Mirin Dajo ?
Mirin Dajo le Hollandais admirable se faisait transpercer le corps à travers le ventre ou le thorax par des épées non stérilisées. Ses plaies ne saignaient jamais et les épées retirées ne portaient pas une goutte de sang.
Il n’y avait aucun truquage ; plusieurs radiographies furent prises. Mirin Dajo se promena un jour pendant un quart d’heure avec un fleuret au travers du ventre. L’arme le transperçait complètement et ressortait de vingt centimètres dans le dos.
Tous ses organes avaient été transpercés des dizaines de fois : l’estomac, les reins, le foie, les poumons et même le cœur, toujours sans aucune infection.
Que faut-il en conclure ? Miracle, phénomène paranormal ? Non. Simple curiosité physiologique. Les épées étaient enfoncées lentement de telle façon que les tissus se distendaient progressivement. Les gros vaisseaux s’écartaient. Les mêmes expériences purent être réalisées avec succès sur des animaux.
Mirin Dajo mourut en 1948, à la suite d’une opération chirurgicale, après avoir avalé un poignard de 35 cm. de long. L’autopsie révéla qu’il était mort à la suite d’une infection généralisée.
La « rigidité cataleptique » des « fakirs » de music-hall n’est pas un phénomène plus sérieux que ceux venant d’être décrits.
Quelques spectateurs sont invités à monter sur la scène pour vérifier l’arrêt du pouls ou du cœur.
L’un d’eux prend le poignet du « fakir ». Son pouls ne bat plus, mais personne ne voit la balle de ping-pong placée sous l’aisselle afin de ralentir puis d’arrêter la circulation dans la veine pressée sous le pouce. Une main est mise sur la partie gauche de sa poitrine. Aucun battement de cœur.
Le « fakir », en se contractant insensiblement vers l’arrière, réussit à donner ainsi l’impression d’un arrêt du cœur.
Il existe pourtant de vrais « fakirs » mais on ne les voit pas en Europe ; ils vivent aux Indes. Ce sont des mendiants à la recherche de la sainteté par la contemplation et la mortification.
Ascète vivant de la charité publique, ce « sadhou » saint homme s’inflige les plus cruelles tortures. Pendant des années il restera, par exemple, le bras levé jusqu’à ce que le membre devienne insensible. De tels hommes font preuve d’une étonnante volonté, mais ne manifestent point pour cela de pouvoirs extraordinaires.

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