Un site du réseau encyclopédique Savoir.fr

Argyropée

Vous êtes ici : » » Argyropée ; écrit le: 6 avril 2012 par telecharger

ArgyropéeDans les papyrus de Leyde et de Stockholm abondent des recettes d’imitation de l’argent (comme de l’or), Ces procédés  aboutissent en règle générale  à réaliser des alliages blancs. D’Imitation en imitation, les artisans, qui  ne succédaient avec toujours le désir  de surpasser leurs devanciers, . Eurent  le sentiment de s’approcher de la perfection  naturelle. De la simple imitation , on en vint donc à la fabrication de l’argent  (ou de l’or). L’argyropée, ou l’art de faire de l’argent» (Synésius) est, avec la chrysopée, un des sujets traités par les Physica et mystica du pseudo-Démocrite. Ce même Démocrite qui est censé s’être initié à l’alchimie* dans l’ombre d’Ostanès et avoir com­posé «quatre livres de teintures sur l’or, l’argent, les pierres, les pourpres » (Synésius).

Dans le recueil « démocritéen », l’argyropée se présente donc comme un alliage de quelques substances métal­liques qui, se combinant en fonction de leurs affinités (loi de la sympathie géné­rale), aboutissent à la fabrication d’un bloc d’argent, dur et brillant.



Jâbir, l’inventeur d’une théorie alchimique fondée sur les qualités, dota l’argent d’une nature intérieure « chaude et humide » comme l’or, et d’une nature extérieure «froide et humide». Dans le Livre des 70, il décrit une méthode que les alchimistes occidentaux retinrent et appliquèrent à leur tour. 11 relate en effet que l’alchimiste « alluma un feu durable, mit du plomb dans l’appareil et le soumit à la coction jusqu’à ce qu’il sortît transformer en argent. À celui-ci il appliqua également la coction jusqu’à ce qu’il sortît transformer en or » (Kraus).

L’argy­ropée est donc intégrée au processus général de l’Œuvre* dont elle marque une étape (et non plus la chute d’une simple recette), ce que résume excel­lemment Jehan de Meung dans le Roman de la Rose en disant que les alchimistes « d’argent fin, fin or font nestre ». Cepen­dant, dans les réceptaires médiévaux, on continue de noter des recettes dites ad album ou ad lunam (pour l’argent) qui constituent des argyropées déta­chées du régime alchimique et données pour telles. Citons pour mémoire celle de la Sedacina étrangement poétique: «Ouvre et tu trouveras une pierre de lune friable, magnifique, qui est appelée la pierre angélique lunifique et glo­rieuse, dont les yeux ne peuvent se ras­sasier d’admirer la splendeur: placée dans un lieu obscur à l’intérieur d’un vase fait en pierre et non pierre unifique végétale, elle éclaire la nuit. »

Plus tard, l’alchimie se transformant en un art allégorique, la lune (l’argent) défi­nitivement associée au soleil (l’or) bril­lera, à ses côtés, de tout son éclat dans le ciel des philosophes.

← Article précédent: Article suivant:

Laisser une réponse

Votre mail ne sera pas publié

Top articles