Abulafia Abraham

> > Abulafia Abraham ; écrit le: 6 avril 2012 par telecharger

Abulafia Abraham (1240-v. 1292)
contemporain de la rédaction du Zohar, est le fondateur du courant messianique et extatique au sein de la kabbale* : sa vie ardente et errante fait de lui le prototype du kabbaliste mystique, et il recentre la kabbale sur un messianisme devenu accessoire dans le judaïsme médiéval. Né à Saragosse, élevé à Tudela, il quitte la Catalogne en 1260 pour la Palestine, afin d’échapper au ritualisme des rabbins.
Il étudie la philosophie à Capoue auprès de R. Hillel de Vérone, dans le milieu des traducteurs et des auteurs qui ont servi Frédéric II. A.Abu Lafia compose deux commentaires du Guide des égarés de Maimonide, objet de violentes controverses. Vers 1270, il étudie la kabbale à Barcelone, puis l’enseigne en Castille à R. Joseph Gikatila (1248-1325) et à R. Moïse b. Simon de Burgos: il y introduit une mystique nouvelle, selon les principes de Maimonide. Sa vie errante d’enseignant le conduit en France, en Grèce, à Capoue, puis à Rome dans une activité frénétique. Ses prophéties effraient les juifs : dénoncé comme pseudo-messie, il est persécuté.
Il affirme avoir atteint un degré de perfection supérieur à celui de Moïse. A Rome, il compose son manuel de mystique, le Livre de la vie du monde à venir. Une révélation lui impose de dévoiler sa kabbale aux chrétiens et il tente en vain, en 1280, d’obtenir une entrevue du pape Nicolas III pour élaborer avec lui une religion nouvelle. Le pape meurt quand Abulafia est sur le point de forcer l’entrée de sa résidence. Le mystique écrit qu’il a entraîné cette mort par ses techniques magiques.
A partir de 1280, il réside en Sicile, à Messine, ou dans sa retraite, l’île maltaise de Comino, entouré d’un petit groupe de rabbins et de médecins siciliens arabophones, ainsi que de quelques étrangers de France et de Palestine. Les étudiants s’effraient de ses visions et connaissent une rotation rapide. Hostiles, les notables juifs de Sicile font appel au chef spirituel de l’Aragon, le rabbin et kabbaliste barcelonais Salornon Ibn Adret, le Rashba, qui dénonce Abu Lafia, faux prophète et messie. En dépit de la conversion au christianisme de certains disciples qui ont appliqué; substitution des lettres (temurah) a Cantique des cantiques, la kabbale mystique s’implante en Sicile.
Abulafia a écrit un grand nombre d’ouvrages pour exposer sa méthode Sa kabbale extatique et prophétique s’oppose à la kabbale théosophique et théurgique des rabbins ibériques Des techniques d’accès au prophète assurent l’union mystique (devequt) par la combinaison de lettres (tseruf) avec les quatre lettres du Nom divin.
Préparée par l’isolement et la pureté du corps, la récitation se combine a_rythme de la respiration, au balance ment de la tête, au port des phylactères et du talit (châle de prière). Elie attire la descente de la parole divise dans le cœur du sage qui converse avec un ange à forme humaine, marque au front. L’ange Métatron, lumière intérieure venue de l’intellect actif, est le garant de l’union mystique, rationalisa purement intellectuelle, avec un aristotélicien.
L’herméneutique utilise les prémisses de la kabbale: attributs divins, sephirot , correspondant à des facultés hu nés capables d’accueillir leur descente combinaison des lettres, étude numéro logique des lettres et des noms (gematrie), substitution de lettres (temurah) usage des acronymes (notariqon) et récitation des noms. Elle les combines avec des nouveautés surprenantes noms sont désintégrée, libérant la malterie primordiale des lettres, et libre association par gematria ouvre l’union avec l’intellect actif. La venue du temps messianique, enfin, impose la révélation du Nom divin : plus rien n’est caché.
Au XVe s. les ouvrages d’Abulafia sont traduits pour Pic de la Mirandole par sicilien très bien formé, Guglielmo raimondo Moncada (Flavius Mithridate): premier et second commentaire Guide des égarés, Livre de ion, Lettre à Yehuda Salmon, ‘ouvrage de ses disciples, la combinaison. L’excellence de on et l’abondance des textes, dont certains sont perdus, expliquent l’imprégnation abulafienne dans la pensée : de la Mirandole et le rôle de niques dans l’exégèse chrétienne l’il propose. Mais l’herméneutique est comprise dans un sens platonicien d’Abulafia passe ensuite par e Safed, avec R. Joseph Ashkenazi R. Yehudah Albotini, R. Moïse Cordovero II a en revanche une faible influence sur la kabbale ibérique, restée ment ésotérique.

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