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Bêtes préservées et sauvées

Vous êtes ici : » » » Bêtes préservées et sauvées ; écrit le: 17 avril 2012 par telecharger

Bêtes préservées et sauvées

Parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir, surtout en matière de sortilèges, les paysans ramassent des tiges de bouillon blanc à demi-consumées du feu de la Saint-Jean, les placent en croix au dessus de la porte de l’étable ou de l’écurie ou enferment un crapaud dans un seau. Ils donnent de l’eau bénite à boire aux bêtes. Les animaux qui mangent du fenouil près des cimetières ne craignent plus les maléfices, les brebis portent des feuilles de noyer, les vaches du vif argent au cou pour nuire aux ensorceleuses dans le Tarn. Si un sorcier passe à coté d’une bête, on lui arrache une touffe de poil, on la jette en crachant dessus ; si l’animal est ensorcelé, il doit tourner trois fois autour de la crémaillère. Si le mal s’attaque à un cheval, on trempe son lien dans l’huile avant de le brûler et on frappe son nouveau lien avant de l’attacher. Contre tout maléfice, on cuit un oeuf dans l’urine de la bête et on le dépose sur une fourmilière avant le lever du soleil, en lune décroissante.
Les bergères de la Brie se couronnent de fleurs d’épines afin de tenir « l’enfer en suspend, en référence à la couronne d’épines du Christ. Dans le Berry, elles s’arment d’une baguette de coudrier coupée à la nuit. On place une croix faite de buis et de fer sous les couvées. En Alsace, le jour du Samedi Saint tous les vieux objets du culte (croix, bougies, étoles…) alimentent un grand feu, dont les charbons et les cendres sont éparpillées devant l’étable.
Les bovins passent par dessus le feu de la Saint-Jean en Normandie et en Alsace.
On jette un grain de sel dans le lait pour qu’il ne tourne pas et on met du sel en croix au fond de la baratte avant de battre la crème en beurre. Lorsque les vaches sont taries, il est conseillé de suivre la recette suivante :
Prendre du poil de la vache maléficiée, faire un feu un soir de nouvelle lune, tourner autour trois fois de gauche à droite puis trois fois dans l’autre sens en portant une brebis noire dont la queue est retroussée et dire :
« p… de diable, tu trais ma vache mais tu ne la trairas plus ». Jeter une poignée de poussière dans le feu, taper sur les charbons avec un bâton, uriner dans le feu, rentrer chez soi et attendre la visite du responsable qui lèvera le sort.
Ceux qui préfèrent le recours religieux, versent trois gouttes de cire de la Chandeleur sur les cornes des vaches. A l’abreuvoir, en baissant la tête pour boire, le reflet des cornes sanctifiées dans l’eau dénoue le sort.
Contre les attaques des loups, en 1850, dans de nombreuses régions, on récite la prière du loup :
« Je t’adjure, je te conjure, loup, louve, louveteau, de la part du grand dieu, n’étrangle pas la brebis née tel jour »



Bêtes sacrifiées

La croyance à la sorcellerie a entraîné des actes barbares envers les animaux maléfiques, les chats, les poules et les coqs. Par peur, les paysans nourrissent d’abord leurs poules noires, dont certaines ont été torturées et brûlées telles les sorcières du XVIIe siècle. Les sacrifices animaliers sur l’autel de la maladie s’effectuent selon les traditions locales. Dans le Languedoc, à Saint Gély du Fesc, la sorcière Jacoupine plonge un chat noir vivant dans une marmite d’eau bouillante, rite d’imitation de la mort du démon. Les miaulements de détresse de l’animal signifie la perte de l’âme du demandeur de maléfice. On fait cuire une poule vivante dans du vinaigre avec des clous volés. On croit venir à bout de tout maléfice, par une magie cérémo- nielle sur un coq noir vivant, suspendu sept jours par les pattes, auquel on fait boire trois gouttes d’eau bénite. S’il n’est pas mort, le septième iour, on l’achève à l’aube, en récitant des oraisons. On prend un chien par la queue et on le fait tournoyer 65 fois au-dessus de sa tête !

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